Renaissance dionysiaque

Renaissance dionysiaque

Inspiration bachique, imaginaire du vin et de la vigne dans l'art européen (1430-1630)
Paru le 19 février 2015
ISBN : 9782866458188
Livre en librairie au prix de 45 €
880 pages
Collection : Les marches du temps
Thèmes : Arts / esthétique

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La figure de Bacchus ou de Dionysos incarne et résume un faisceau d’idées, d’évolutions et d’aspirations caractéristiques de la Renaissance, période au cours de laquelle on a cherché à renouer plus étroitement avec l’héritage antique et certaines de ses valeurs, à relativiser ou à redimensionner la place du christianisme pour des registres existentiels qu’il avait souvent disqualifiés, et à explorer les parentés multiples qui faisaient s’entrecroiser des composantes culturelles païennes et chrétiennes. Bacchus n’est pas que le dieu de l’ivresse, compagnon de tous les plaisirs, notamment de la danse et de l’amour ; il préside à la fertilité sous toutes ses formes : agricole et humaine, mais aussi littéraire ou artistique. Il est la source ou le symbole d’une inspiration qui sert régulièrement de miroir aux peintres et se fait parfois principe de contemplation philosophique et métaphysique. Divers artistes parmi les plus célèbres de la période, tels Bellini, Titien, Michel-Ange, Raphaël, Caravage, Rubens, ont exploré ces potentialités à travers des œuvres majeures d’où ressortent les fonctions multiples et souvent paradoxales, propres à la sphère dionysiaque. Elles relèvent en effet aussi bien de l’excès que de la tempérance, du burlesque que du philosophique, du populaire que de l’aristocratique, de la trivialité que de l’élévation, de la vie que de la mort. Ainsi, l’antique divinité chtonienne s’est transformée en vecteur et incarnation du salut, et ce rapport à l’au-delà, un artiste comme Donatello va savoir génialement le renouveler dans une perspective chrétienne. Au-delà d’une redécouverte élargie et d’une réinterprétation variée de la culture antique, la Renaissance a ainsi travaillé à une fusion de ces traditions apparemment contradictoires, comme à une remise à jour de ce qu’il y a de profondément païen dans le christianisme, à un retour du refoulé dionysiaque tel qu’il ressort des thèmes iconographiques du pressoir mystique ou du Christ-vigne.


Philippe Morel est docteur d’État, professeur d’histoire de l’art de la Renaissance à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, membre de l’Institut Universitaire de France, de l’Academia Europaea et de l’Accademia delle Arti del Disegno. Il est l’auteur de nombreux articles et de plusieurs ouvrages dédiés à l’art italien de la Renaissance, en particulier : Les grotesques. Les figures de l’imaginaire dans la peinture italienne de la fin de la Renaissance (Flammarion, 1997) ; Les grottes maniéristes en Italie (Macula, 1998) ; Mélissa. Magie, astres et démons dans l’art italien de la Renaissance (Hazan, 2008).