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Roi sorcier, mère sorcière

Parenté, politique et sorcellerie en Afrique noire

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Alfred Adler

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On sait que nombreuses sont les sociétés africaines où la sorcellerie obsède tous les esprits tant elle apparaît omniprésente du bas jusqu’au haut de l’échelle sociale. Conçue par la communauté comme une puissance destructrice tapie dans les entrailles des uns ou inhérente à des objets que des spécialistes fabriquent à l’usage des autres ou d’eux-mêmes, elle est vécue par l’ensemble de ses membres comme une menace permanente d’agression visant leurs corps, leurs biens, leurs vies. Elle en vient à gangrener tout le tissu social en s’attaquant au noyau même de la cellule familiale puisque, dans bien des cas, ce sont les rapports de parenté les plus proches, les plus intimes, qu’elle voue à la dislocation.
L’Afrique connaît aussi, le fait est moins répandu mais il n’en est que plus remarquable, des systèmes politiques – traditionnels, comme on dit, mais également des États tout à fait modernes – dans lesquels l’idée d’un pouvoir efficace, c’est-à-dire capable de contraindre les hommes comme d’agir sur la nature, est inséparable de celle de possession d’un pouvoir de sorcellerie.
Que peut bien être un roi sorcier ? Eu égard à sa fonction qui est celle du maintien d’un ordre social dont il est l’un des fondements essentiels, il nous confronte à un paradoxe que les spécialistes de l’anthropologie politique ont assurément relevé mais dont ils ont méconnu la portée en le réduisant à une expression métaphorique du pouvoir fort, voire omnipotent.
Le roi sorcier nous offre du pouvoir une figure doublement paradoxale : garant de l’ordre, il inclut dans sa personne son contraire ; détenteur de la puissance souveraine, il est augmenté d’un attribut qui est censé lui conférer une surpuissance.
S’agit-il de compenser une faiblesse toute humaine ou une fragilité constitutionnelle du statut royal afin d’entretenir chez ses sujets respect et crainte faute desquels son pouvoir serait largement illusoire ?
S’agirait-il au contraire de cette autre et terrible illusion consistant pour un corps social à se croire en mesure de donner « effectivement » à son souverain la toute–puissance et ainsi projeter sur lui toute la violence dont il est lui-même porteur ?
C’est à de telles questions que ce livre tente de répondre.

note sur l'auteur

Alfred Adler, né en 1934, est Directeur d’études émérite à l’École pratique des hautes études (section en sciences religieuses). Spécialiste de populations au tchad, ses travaux de terrain et ses essais historiques ont marqué l’anthropologie politique et religieuse de l’Afrique noire. Il à déjà publié : Le Bâton de l’aveugle chez Hermann, La Mort est le masque du roi chez Payot, ainsi que Le Pouvoir et l’Interdit chez Albin Michel.


Les marches du temps

histoire ,  sociologie ,  politique

256 pages

prix: 18.90 €

paru le 9 Mars 2006

isbn: 2-86645-618-1

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