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Adieu Valmy

La fin de la Nation en armes

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Jean Planchais

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«Vive la nation!» lance Kellermann, le 20 septembre 1792, dans la canonnade de Valmy. Le peuple français se dressait derrière ses volontaires, masculins largement.
La nation en armes n’existe plus.
Pacifisme et antimilitarisme suivent le massacre de 1914-1918. De Gaulle, en 1940, est le symbole de la revanche sur l’armée vaincue, celle des civils sur les militaires, avec la Résistance.
En Indochine, les soldats de métier sont coupés du pays. Les débats sur l’armée européenne, l’intégration dans l’OTAN diluent le rôle des militaires dans la défense du sol national. Le savant, avec l’arme nucléaire, l’emporte sur le soldat. Le conflit algérien se termine dans le déchirement. Et la chute du mur de Berlin laisse l’armée sans croisade ni «adversaire potentiel».
Le corps militaire s’est «désacralisé» et «civilisé». Le soldat de métier est devenu électeur, et le tissu social qui favorisait les vocations militaires s’est défait. Les femmes jouent désormais un rôle très important dans une communauté hier machiste. Les seuls héros proposés aux foules sont des Rambo américains. Le patriotisme sans ennemi et sans croisade devient civisme.
La suspension du service militaire n’a pas provoqué dans l’opinion le choc que l’on pouvait attendre. Les cadres se sont attelés à la création d’une armée de métier. Ils cherchent maintenant une culture et une place qui ne peuvent être seulement celles de techniciens du «zéro mort».

note sur l'auteur

Jean Planchais a été chargé des questions de défense au journal Le Monde. Il est ancien auditeur à l’Institut des hautes études de défense nationale.

Questions d'époque

prix: 16.50 €

paru le 6 Juin 2003

isbn: 2-86645-507-X

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