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Le Livre de la Chasse

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Gaston Phébus

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Un administrateur rigoureux et juste

Pour surveiller la route entre les deux capitales de son domaine (Foix et Orthez), Phébus prit le contrôle d'une vingtaine de forteresses. Il transforma de fond en comble le château de Pau et construisit l’énorme place forte de Montaner aux confins du Béarn, de l’Armagnac, de la Bigorre et de l’Aquitaine. En mettant la main sur une route longeant les Pyrénées à une époque où la guerre désorganisait le commerce le long de la Garonne, Phébus donna une occasion magnifique aux Béarnais de se transformer en transitaires neutres. Ils transportèrent de Montpellier jusqu’à Bayonne – alors port anglais –, des produits de luxe italiens, catalans, et le pastel du Lauragais. Au retour, ils ramenaient les tissus de Flandres et d’Angleterre qu’ils transportaient également au sud des Pyrénées. Bien entendu, Phébus retirait de substantielles taxes sur les transactions.
Concentrant entre ses mains tous les pouvoirs, convoquant l’armée, faisant battre monnaie, Phébus modernisa son administration, rendit la justice au plus humble comme au plus puissant. Il gouvernait avec un conseil restreint sans composition fixe, sorte de despote éclairé avant la lettre.
Se méfiant du clergé, il ne fit aucune construction religieuse, mais en revanche utilisa musique et chant pour propager sa gloire, faisant d’Orthez un centre musical où l’art nouveau était à l’honneur. Il rassembla de magnifiques manuscrits enluminés et fut lui-même un écrivain de talent. Mais surtout, il sut gagner l’admiration de Froissart qui dans ses Chroniques magnifia sa cour d’Orthez malgré le drame dont elle fut le théâtre.

Le drame d'Orthez en 1380

Comme le clergé et une bonne partie de la noblesse étaient écartés du pouvoir au profit de techniciens de petite origine, un complot fut ourdi avec le concours du roi de Navarre désireux de se débarrasser d’un voisin aussi encombrant que Phébus : le prince héritier tenta d’empoisonner son père. Démasqué et mis en prison, il refusa de donner les noms de ses complices si bien que dans un accès de fureur, Phébus lui porta un coup de poignard mortel en août 1380. Sentant l’Enfer s’ouvrir sous ses pas pour avoir tué son fils, la seule fois de sa vie où il avait perdu son sang froid, Phébus s’enfuit d’Orthez où il ne devait revenir que trois ans plus tard. Installé au château de Pau, il rédigea son étonnant Livre des Oraisons, le premier de ce genre dû à un laïc. Il s’y adresse directement à Dieu en raisonnant comme un philosophe sophiste, en argumentant en trente-sept prières autour d’un thème central : Dieu doit sauver ses créatures car il est responsable de leurs méfaits comme de leurs bienfaits. Dans une prière toutefois, il se laisse aller à un élan mystique.
Après un exil de trois ans, c’est à son retour à Orthez et en son château de Moncade, que Gaston Phébus commença à dicter son fameux Livre de Chasse.


note sur l'auteur

Gaston III, comte de Foix, dit Gaston Phébus, est né en 1331 d’Aliénor de Comminges et de Gaston II de Foix.
Dès l’âge de douze ans, il se retrouva à la tête d’un héritage tout aussi complexe que prestigieux, le comté de Foix, qu’il réussit à maintenir à l’écart des grands conflits de son temps malgré les batailles auxquelles il prit part : il combattit à plusieurs reprises le comte d’Armagnac, son adversaire héréditaire, s’engagea en Prusse dans les rangs des Teutons pour combattre les infidèles (1356) et participa à la répression contre les "Jacques" de Paris (1358).

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beaux-livres

184 pages

prix: 53.36 €

paru en Janvier 1990

isbn: 2-86594-023-3

la presse en parle

Texte intégral traduit en français moderne par Robert et André Bossuat.
Reproduction en fac-similé des miniatures du manuscrit français 616 de la Bibliothèque nationale de Paris.
Présentation et commentaires de Marcel Thomas.

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